Le songe des oiseaux du paradis ! Bonjour, je m’appelle Juan José Maria Jiménez Pedro Dos Santos, je sais malgré mon nom castillan oui c’est bien vrai, je suis bien un jeune garçon Philippin et je suis fier de l’être. Pourtant je n’aurais pas porté ce nom et ce prénom si l’inquisiteur conquistador n’avait pas obligé mes les enfants de Manilleaïeux à changer de nom. Il est donc difficile de faire marche arrière car depuis l’époque c’est-à-dire au douzième siècle, une fois qu’ils ont débarqué nous avons perdu notre culture, nos coutumes et nos racines à jamais, effacés par les prêtres franciscains qui voulaient nous guider vers la lumière et la chrétienté. Aujourd’hui nous ne connaissons pas les noms de nos ancêtres. J’ai six ans et j’habite dans une grande ville dystopique, vous avez bien deviné oui c’est la ville de Manille aux Philippines. J’ai trois frères et deux sœurs, nous sommes une grande famille. Ma mère est morte après la naissance de mon petit frère Eduardo, il y a trois ans, notre papa est très gentil avec nous, il nous laisse jouer beaucoup et quand on a faim, on attend les touristes lors qu’ils quittent leurs hôtels. Ils ne veulent pas nous donner de l’argent, pourtant eux ils en ont beaucoup trop et nous, nous vivons dans l’indigence. Je ne comprends pas pourquoi ils nous accordent pas l’obole, alors on se précipite sur eux pour leur demander de la money. Nous avons de la chance, nous habitons pas très loin des grands hôtels de luxe, dans la journée nous n’avons rien à faire et pendant la nuit, nous dormons sur des cartons comme beaucoup de gens sur « Manila Bay ». Je vous ai dit qu’on était chanceux, c’est une des plus belles baies au monde ou en tout cas c’est ce qu’on fait croire aux touristes pour qu’ils viennent nous rendre visite et dépenser quelques pesos. Il fait toujours beau temps à Manille et il ne pleut presque jamais sauf bien sûr pendant les périodes de mousson. Malheureusement l’eau de la mer est très polluée, on ne peut pas se baigner, concernant  l’odeur elle est très désagréable mais on s’y habitue vite. Pour gagner notre vie comme je vous disais, on fait l’aumône, mais nous recevons que le dénier de la veuve. On attend un peu que les touristes s’éloignent de l’entrée des hôtels, oui parce que nous avons peur des vigiles et il y a des maîtres-chiens et des check-points qui se trouvent devant les hôtels. Il y a même des gens d’armes qui peuvent nous tirer dessus si on se rapproche trop des touristes car ils nous considèrent comme des nuisibles. Je voulais vous dire aussi que mon papa et une vraie grenouille de bénitier. La deuxième semaine d’avril est une semaine sainte à Manille. Mon papa a été choisi par le curé de notre église pour se faire crucifier, oui oui pour de vrai mais sans lui percer le flanc par une lance. Non on ne va pas le tuer comme Jésus lors de sa crucifixion, on l’encourage tous et nous sommes tous fières de lui.

 

 

Le songe des oiseaux de paradis ! Bonjour je m’appelle Moustique et j’ai fait un voyage pendant une semaine à Manille aux Philippines, comme vous disait le petit Juan José Maria Jiménez Pedro, j’étais attiré par ces jolies photos, où on vous montre des eaux bleues turquoise, des magnifiques plages de sable fin, des baignades avec des dauphins etc. J’ai du mal à écouter les conseils et les expériences des autres touristes, je préfère constater et évaluer la situation par moi-même. Le constat fut terrible, Ha! Mais je te l’avais dit, c’est ma femme qui me le répétait tout le temps, j’ai commencé à me rendre compte dès l’arrivée à l’aéroport de Manille. Il faut savoir que la capitale des Philippines est très peu desservie par des grandes compagnies aériennes, donc pour se rendre à Manille nous avons pris la compagnie Philippine Airlines. Une grosse connerie, d’ailleurs si vous connaissez un pilote qui travaille dans cette compagnie, passer lui le message suivant “dites-lui qu’on pose un avion sur une piste d’atterrissage, et qu’on le jette pas comme une merde sur la piste, pour que l’avion aille dans tous les sens avant de s’arrêter par miracle, d’autant plus que ce jour-là il faisait beau et il n’y avait pas de vent. Bref je ne vous le dis pas, une frayeur et ça s’est passé à l’aller et au retour. Maintenant que cela a été dit je me sens mieux, qu’est-ce que je peux vous dire et vous raconter de plus sur mon voyage? Vous avez bien lu que comme pour le petit Juan José Maria Jiménez Pedro, pour les Philippins les touristes ce sont des portes-feuilles ambulants et qui se promènent pour se faire arnaquer dans chaque coin de rue et que dans certaines rues vous n’êtes pas sûr de sortir indemne. Je n’exagère rien ce sont eux qui me disaient de ne pas aller à tel ou tel endroit sinon vous risquez gros.

Bon on a réussi à descendre de l’avion et ce malgré la petite aventure pendant l’atterrissage, bravo “les pilotes philippins” on se demande où est-ce que vous avez appris à piloter. Nous débarquons finalement à l’aéroport international de manille. La salle de débarquement est tellement petite que les voyageurs qui sont lilou-multipassedescendu en dernier de l’avion, sont restés debout sur les escaliers parce qu’il n’y avait pas suffisamment de place dans la salle pour accueillir tous les passagers d’un seul avion. Bien sûr il faut comprendre ces retardataires, le temps pour eux de reprendre leurs esprits après l’atterrissage de nos supers pilotes de la compagnie aérienne. Il y avait deux policiers pour les formalités d’immigrations, et comme il fallait trois minutes par passager, je vous laisse deviner le comportement des gens dans ces conditions où tout le monde voulait sortir en premier, pour récupérer ses valises avant quelle disparaissent. Mais heureusement que les bagagistes étaient aussi peu nombreux et lents pour descendre les bagages que leurs confrères policiers pour nous enregistrer. Finalement, on récupère nos valises au moins deux heures et demie après l’atterrissage, pour sortir de l’aéroport on se dirige vers une flopée d’individus qui vous propose le service d’un taxi. On sait tous qu’il ne faut pas prendre ceux qu’on vous propose en premier, car ces gens vous empêchent de prendre le temps de bien choisir. À savoir que tous les taxis ont un compteur, mais ils ne s’en servent pas car peu rémunérateur, plutôt arnaquer les touristes que faire payer leurs courses avec le compteur, donc on a trouvé un endroit où les gens faisaient la queue pour prendre un taxi, on a vite compris que c’était le bon endroit, on a payé huit cents pesos pour la course pour arriver à notre hôtel.

 

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Notre Hôtel est un hôtel cinq-étoiles à cinquante huit euros la nuit, je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai fait la réservation, surtout quant j’ai appris que dans cet hôtel beaucoup de personnalités Manila Hotelimportantes se sont fait héberger pendant leurs séjours à Manille. Mais ce qui est le plus choquant c’était l’arrivée à l’hôtel pour la première fois, quand le taxi qui nous a amené de l’aéroport s’est présenté devant l’entrée grillagée d’une hauteur de deux mètres qui entouré l’hôtel. Il y avait une barrière comme celle des péages d’autoroutes sauf qu’il faut s’arrêter, couper le moteur, ouvrir le coffre pour qu’un vigile vérifie le contenu pendant que trois maîtres-chiens tournent autour de la voiture et deux autres vigiles chacun avec son fusil à pompe vous observe. Pour ouvrir la deuxième barrière, le taxi doit prendre un ticket, parce qu’il avait le droit à cinq minutes pour nous déposer et repartir. La barrière s’ouvre, nous voilà en train de s’avancer lentement vers l’entrée du bâtiment, pendant ce temps ma femme et moi échangions un regard inquiet, mais sans dire un mot. Nous étions là assied dans ce petit taxi de l’autre côté de la planète avec le sentiment d’être pris au piège sans connaitre l’issue de cette aventure. Durant toute ma vie, je n’avais jamais passé un check point et sincèrement j’avais peur, il y’ avait tous les ingrédients, barrières de sécurités, maître chien, vigiles armés. J’avais l’impression d’être un acteur pendant le tournage d’un film et j’étais en train de jouer le rôle d’un pauvre malheureux qui essaie de traverser le territoire Palestinien contrôlé par l’armée Hébreux sans papier et cerner par une armée de milice. En crise de panique je regarde autour de moi en faisant un petit rictus, je ne veux pas montrer mes angoisses pour ne pas effrayer ma femme. Une cinquantaine de mètres plus loin nous voila devant l’entrée de l’hôtel, un concierge nous ouvre la porte du taxi, le temps de payer ce dernier, nos valises sont par terre, le concierge nous rassure qu’on allait retrouver nos valises dans notre chambre, je pousse un soupire en effet avec ce que nous venons de traverser, il pouvait même garder nos valises s’il voulait plus rien ne me dérange.

Mais attendez ce n’est pas fini, une fois entrés à l’intérieur de l’hôtel, et avant d’aller vers la réception il fallait passer nos bagages à mains dans le portique de sécurité et il fallait lever les bras pour se faire une palpation, bon heureusement les hommes se font fouiller par un ne tirez pas je ne suis pas armé homme et les femmes par une femme, et ils mettent des gants blancs. Waouh ! Ça y est on arrive vers la réception, dites nous s’il vous plaît madame la réceptionniste, qu’est-ce qui se passe, est-ce qu’il y a eu un problème quelconque, vous êtes en guerre? Non nous dit la réceptionniste, c’est normal ne vous inquiétez pas c’est parce que en ce moment il y a un événement, sauf que le schéma a duré toute la période de notre séjour. Pendant sa campagne électorale, le candidat à la présidentielle Rodrigo Duterte dit Rody le punisher avait déclaré : « oubliez les droits de l’homme, si je deviens président, ça va saigner » il a établi ce qu’on a appelé la Kill Liste, en effet entre 2016 et fin 2018, il a fait environ 30 000 victimes, des gens qui ont été trouvé mort sans être arrêté jugé ou condamné d’un quelconque délit, pour Rody c’est une nouvelle croisade pour assainir les Philippines. Bon après quelques jours, d’entrée et sortie de notre hôtel, dès que j’arrive devant la porte de l’hôtel j’avais les bras en l’air, pour dire que je ne suis pas armé, ne tirez pas je ne suis pas armé. Comme d’habitude ma femme en remet une couche, tu ne t’es pas renseigné? Tu ne savais pas que ça allait se passer comme ça? Et bien non je ne savais pas, toutefois j’ai quand même passé un check-point pour la première fois, croyez-moi c’est très formateur et ce n’est pas rien comme expérience, c’est vrai qu’il faut être un peu con pour accepter de se faire arnaquer juste pour visiter la belle ville de Manille et même si j’ai vu quelques reportages qui me mettaient la puce à l’oreille, je ne pensais pas que c’était comme ça, les voyages ne forment pas que la jeunesse.

Le transport, à Manille il y a pour l’instant qu’une ligne de sky train, et celle-ci est bondée, les autres sont en cours de construction. Sinon il y a aussi les Jeepney, ce sont des Jeep de l’armée américaine que les Philippins ont modifié pour faire des bus, on nous a fortement déconseillé d’emprunter ce moyen de transport. Il reste donc les taxis pour se déplacer, ils sont très abordables mais pour trouver un taxi-meter c’est-à-dire celui qui accepte de mettre le compteur en route il fallait le commander par le biais d’une application Grab que vous pouvez télécharger pour faire appel à un taxi, avec le principe que Grab Taxicelui-ci repère votre position grâce à Google map, et vous vous recevez le numéro de l’immatriculation du taxi et la photo du conducteur, mais il y avait quand même quelques taxis qui refusaient de mettre le compteur et dans ce cas il fallait absolument descendre et en prendre un autre. Qu’est-ce qu’on peut voir à Manille, premier problème le guide du routard n’existe pas pour Manille, donc il fallait se débrouiller tant bien que mal pour trouver les bons quartiers et les bons endroits. Des centres commerciaux il y en a beaucoup, des gens qui achètent, il y en beaucoup moins. Je me demandais comment ces commerçants arrivent à payer leurs frais pour continuer à exister. Un bon quartier c’est celui de Makati, les centres commerciaux étaient luxueux, et les gens paraissaient vivre normalement. Mais une fois que vous avez fait le tour il ne reste que la piscine de l’hôtel qui était superbe, il y avait un bar aux milieux pour commander une boisson et le service était très bien, en réalité si nous étions resté à l’hôtel pendant notre séjour, sans sortir le bout de notre nez nous aurions été très bien, en effet c’était bien le cas de beaucoup de touristes, ils restaient à l’hôtel sans bouger, pour aller visiter quelques endroits proposés par l’hôtel qui mettait également en place un bus pour embarquer les résidents uniquement et les ramener à l’hôtel après la visite, à mon avis ça aurait été la solution la plus idéale, ça le mérite au moins de nous éviter à voir d’horribles scènes, de la misère et des arnaques, reste les 15 heures d’avion aller et dix sept heures pour le retour pour rester à l’intérieur de Manila Hôtel.

Je vous quitte en vous embrassant bien fort.

@+

Prochain article Bon baiser de Russie

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